2021 « Juste à moitié dévorée » Le livre
Publication aux Éditions Goater, 2021
2021-2022 « Juste à moitié dévorée » Le spectacle
Une adaptation théâtrale d’Élize Ducange et Gaëlle Héraut
Vidéo à voir ici :https://vimeo.com/806841015?fl=pl&fe=vl
En 2021, était publié « Juste à moitié dévorée » un long poème dans lequel je raconte ce que l’inceste inscrit dans le corps et la vie de ceux qui le subisse.
En 2022, avec la comédienne et metteure en scène Gaelle Héraut, nous obtenions et une bourse de Rennes métropole pour adapter ce texte sur scène.
Mon travail de plasticienne est le support de mes questionnements sur l’héritage, la filiation, les continuités et les ruptures :
Je suis... porte le double sens de suivre et d’être... dans quelles continuités et quelles ruptures suis-je ?
(...)
« Ecrire et dessiner pour avancer, voir ce chemin se tracer mot à mot, dessin après dessin, le papier se gondole, c’est amusant comme les mots prennent de la place et donnent du volume au cahier.
Ecrire et dessiner pour exister, pour reprendre corps, pour prendre pied.
Ecrire et dessiner pour que la langue repousse.
Ecrire et dessiner pour ne pas disparaître complètement… noircir de sens ces espaces vierges, salir un peu… le blanc n’est rien… le noir n’est rien.
Ecrire et dessiner pour crier sans déranger… ne pas faire trop de bruit.
Ecrire et dessiner, révolte d’une enfant sage… pas de pleurs ni de porte qui claque, juste ce petit frottement du crayon sur le papier. »
(...)
« De ma peur,
de cette peur qui a trouvé ce qu’elle était.
Ma peur de disparaitre, ma peur de n’être rien.
Je passe mes journées à fabriquer des petites poupées de terre, des petites moi pour que sous mes mains je devienne, sous mes yeux je sois.
De ces bouts de vivant figés pour toujours.
Terre morte qui ne portera plus jamais la vie d’une culture.
Terre façonnée par mon vivant,
porte la trace de mes doigts comme un mouvement fossile.
Je regarde ces traces, je suis donc vivante
et hier, je l’étais aussi. »